Frise chronologique
1526–1536
Construction de l’hôtel
Construction de l’hôtel
1526–1536 (≈ 1531)
Commandé par Jean de Ulmo, magistrat corrompu.
1537
Condamnation de Jean de Ulmo
Condamnation de Jean de Ulmo
1537 (≈ 1537)
Confiscation de l’hôtel pour corruption.
1549
Exécution de Jean de Ulmo
Exécution de Jean de Ulmo
1549 (≈ 1549)
Pendu pour falsification en prison.
1653
Achat par Gaspard de Fieubet
Achat par Gaspard de Fieubet
1653 (≈ 1653)
Premier président du Parlement de Toulouse.
16 juillet 1925
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
16 juillet 1925 (≈ 1925)
Protection de l’édifice par l’État.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Hôtel dit de Jean de Ulmo : inscription par arrêté du 16 juillet 1925
Personnages clés
| Jean de Ulmo - Magistrat et commanditaire |
Fait construire l’hôtel, condamné pour corruption. |
| Jean Martel - Marchand plaignant |
Dénonce Ulmo et obtient l’hôtel. |
| Gaspard de Fieubet - Premier président du Parlement |
Propriétaire en 1653, possible commanditaire du baldaquin. |
| Jules de Rességuier - Poète |
Né dans l’hôtel, commémoré par une plaque. |
Origine et histoire
L’Hôtel d’Ulmo, situé au 15 rue Ninau dans le centre historique de Toulouse, est édifié entre 1526 et 1536 sur une ancienne bâtisse du XVe siècle. Commandé par Jean de Ulmo, magistrat ambitieux, il marque un tournant architectural avec son escalier droit (innovation pour l’époque) et son organisation symétrique autour d’une cour. L’hôtel mêle brique et pierre, avec des éléments prestigieux comme un baldaquin de marbre et une tour hexagonale ornée de la devise de son propriétaire : « Durum Patientia frango » (« Ma persévérance triomphe de tout »). Ce projet reflète la volonté de Ulmo d’imiter le faste des marchands de pastel, élite toulousaine de la Renaissance.
La construction s’inscrit dans la carrière fulgurante et corrompue de Jean de Ulmo. Nommé avocat général au Parlement de Toulouse en 1526, puis président à mortier en 1529, il finance son hôtel grâce à des malversations. Dénoncé par un marchand lésé, Jean Martel, il est condamné en 1537 : exposé au pilori, marqué au fer rouge, et dépossédé de son bien au profit de Martel. Emprisonné à vie, il est finalement pendu en 1549 pour avoir falsifié les comptes de sa prison. L’hôtel passe ensuite entre les mains de parlementaires, comme Gaspard de Fieubet (premier président du Parlement) en 1653, avant d’être divisé et remanié aux XVIIe–XIXe siècles.
Architecturalement, l’Hôtel d’Ulmo se distingue par son plan entre cour et jardin, une nouveauté à Toulouse. La façade sur rue, sobre, contraste avec la cour intérieure animée par des cordons moulurés, des fenêtres à consoles, et un escalier à double volée couvert d’ogives. Le jardin, aujourd’hui partiellement bâti, abritait autrefois une construction à pilastres ioniques. Classé Monument Historique en 1925, l’hôtel conserve des traces de ses remaniements, comme le percement d’un passage pour calèches au XIXe siècle. Il est aussi le lieu de naissance du poète Jules de Rességuier, commémoré par une plaque.
L’histoire de l’hôtel illustre les tensions sociales de la Renaissance toulousaine, où la corruption judiciaire et l’ascension rapide des élites provinciales (comme les marchands de pastel) se heurtent aux traditions aristocratiques. Jean de Ulmo, bien que disgracié, laisse un héritage architectural majeur, symbole d’une modernité précoce dans l’urbanisme toulousain. Son escalier, premier du genre dans la ville, annonce les hôtels particuliers du siècle suivant, comme celui d’Assézat.